A la découverte des plantes sauvages avec Christophe de Hody

Cet article a été écrit par Braconnier du Cosmos, le 7 août 2017

En découvrant le travail de Christophe sur le terrain, j’ai mieux compris dans mon métier de jardinier l’intérêt d’appliquer un désherbage sélectif et de revaloriser certaines « plantes adventices » trop vite déconsidérées, qui répondent pourtant à nos besoins nutritifs profonds. Plus fondamentalement, il s’agit de restaurer une proximité immédiate avec les plantes, moins vitrifiée. La distance entre nous et le monde vivant, de par son industrialisation, aboutit à une insensibilisation, où l’on accepte tout (à titre d’exemple, les gens mangeraient peut-être moins de viande si on leur donnait la possibilité d’aller voir comment cette viande est produite).

En premier lieu, l’homme a négligé la « nature sauvage » comme source de son alimentation et oublié de nombreux savoirs, comme par exemple le bon usage des plantes avec la phytothérapie pour soigner les maux du quotidien sans piocher d’emblée la carte paracétamol ou valium dans la médicamentation courante aux nombreux effets secondaires, à réserver pour les situations urgentes. Par exemple, l’univers végétal a son propre valium avec la valériane et son paracétamol avec la menthe poivrée.

 

« Jardins des Simples » à Bois Richeux (28). Ce type de jardin était considéré comme « la plus ancienne pharmacie du monde ». Ici, il a été recréé à partir d’archives du XIIIe et XIVe siècle

 

En deuxième lieu, c’est dans son jardin qu’il a oublié de connaitre (adventices à préserver) et d’acclimater ces plantes sauvages aux valeurs nutritionnelles remarquables (l’ortie renferme des protéines complètes : autant de calcium que le fromage, plus de fer que l’épinard et jusqu’à 8 fois plus de vitamines C que les oranges) et des légumes perpétuels qui apportent d’autres saveurs.

Pendant mon stage de 3 jours chez Christophe de Hody, des questions revenaient régulièrement sur la pollution et la toxicité des plantes. Mais on est loin de se douter qu'il y a en fait plus de plantes toxiques (parfois mortelles) en pots cultivés sous une véranda ou dans un jardin d’ornement (de type laurier rose, datura, if) que dans un bois. En France, les plantes mortelles se comptent sur les doigts de la main. Mes premières visites avec Christophe m’ont permis de dépasser un cap, de franchir une rivière sans avoir pied… C’est à cette occasion que j’ai mangé ma première boulette d’ortie ! C’était d’autant plus surprenant pour le jardinier de longue date que je suis, très sensibilisé aux questions de jardins résilients et spontanés, redécouvrant alors les propriétés des plantes sauvages.

Vous trouverez la suite de l’entretien avec Christophe de Hody, pour continuer à vivre la réconciliation avec la nature à proximité de chez vous, sur : (cliquez sur le lien pour voir la suite de l'article)

Cet article dépend du thème Terrain.

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